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Les Docks de Saint-Ouen représentent un quart de la ville et à terme près d'1/3 de sa population. Alors que le quartier était conçu pour accueillir une offre commerciale dense et variée, ses habitants ont bénéficié jusqu’ici de seulement 2 commerces alimentaires : la boulangerie La Pralinoise et la supermarché Carrefour Market.

Malgré (ou grâce à ?) cette offre commerciale très réduite, des habitants ont rapidement créé ou eu accès à différentes alternatives. Les initiatives plus éco responsables qui fleurissent un peu partout dans le monde sont en effet bien présentes aussi à Saint-Ouen et dans les Docks.

Ce 8 mars, à l’occasion de la 1ère ouverture du café associatif des Docks pour l’année 2020, les associations Mon Voisin des Docks et EducEcolo ont invité 7 voisins à présenter leur initiative et témoigner d’un rapport nouveau à l’alimentation. Certaines initiatives continuent de fonctionner pendant la période de confinement que nous connaissons actuellement.



Le thème « Bien-manger dans les Docks » faisait à la fois référence au plaisir, au goût mais aussi à l’impact de notre alimentation sur notre santé et sur l’environnement.

Théophane Tardy pour Les 3 Poireaux
(Ouvert pendant le confinement)


Le projet des Trois poireaux est né il y a 5 ans à Saint-Ouen. La boutique livre des marchés (Vieux Saint-Ouen notamment), a un point de vente, et fournit également des restaurateurs. Tous leurs produits sont issus de petites structures agricoles et artisanales. Engagés dans la promotion d’une agriculture biologique paysanne, ils connaissent personnellement leurs fournisseurs, tiennent compte du goût, du savoir-faire, du respect des sols et des animaux, de la dimension locale. Des valeurs fortes et un souci constant de travailler sur l’accessibilité de ces produits dont le coût est forcément plus élevé qu’un produit de grande consommation mais justifié par sa qualité et son mode de production.


Leur nouvelle boutique ouverte du mardi au dimanche (21 rue Saint-Denis, de l’autre côté du Grand Parc) présente une offre variée en épicerie et produits frais : fruits et légumes, charcuterie, œufs, fromage, pain, confiture, miel, céréales, légumineuses, boissons, thé, café, tisanes, glaces, conserves.... On peut aussi profiter de la formule déjeuner du jour ou y prendre l’apéro le soir en terrasse...

Marie-Jéromine Woisselin pour La Ruche qui dit oui des Docks
(en date du 19 mars, la Ruche est en stand by le temps de trouver une solution)


La Ruche qui dit Oui ! a pour objectif de mettre en relation des producteurs locaux et des consommateurs. Il existe aujourd’hui 950 ruches en France, 20 ailleurs en Europe et plus de 5000 producteurs répertorié dans le catalogue national. Chaque responsable de Ruche rencontre les producteurs, goûte les produits, s’intéresse à leur démarche et décide des produits qu’il/qu’elle souhaite mettre en vente.

La Ruche des Docks propose chaque semaine les produits d’une trentaine de producteurs et des invités partagés. Une originalité de notre Ruche est qu’elle sélectionne des producteurs pouvant mutualiser les transports pour venir livrer à Saint-Ouen (groupement des livraisons assurées par le producteur Terres de Saveurs).

Les commandes se font à la carte, sans engagement. Les livraisons ont lieu chaque semaine le mercredi soir de 18h à 20h à la Pralinoise.

Marie-Jéromine s’est lancée seule dans cette activité lui permettant d’être autonome et de travailler dans le respect de ses valeurs. Assurer une distribution hebdomadaire est une activité très « prenante », avec beaucoup de travail préparatoire et un souci constant du « bien manger ». La Ruche qui dit oui des Docks compte 1450 adhérents, et 30 producteurs en moyenne par vente.

Une solution est en cours de recherche actuellement pour permettre la distribution pendant le confinement.

Martine Antoine pour l’AMAP des Docks
(ouvert pendant le confinement mais ne prend pas d'adherents supplémentaires pendant cette période)


Les AMAP sont des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, créées dans les années 2000 en France. Les premières AMAP recensées aurait été constituées au Japon par des groupes de femmes japonaises qui souhaitaient reprendre le contrôle sur leur alimentation face à l’industrialisation et la généralisation des pesticides? En France, depuis presque 20 ans, les AMAP ont joué un rôle crucial pour assurer la viabilité de petits producteurs et le retour à une agriculture respectueuse des sols et de l’environnement. 

Chaque AMAP est une association de bénévoles qui sont liés chacun avec un producteur par un contrat. Chacune s’organise pour être en contact régulier avec son ou ses producteurs, pour assurer les distributions, organiser des visites d’exploitation, etc. 

Cette offre est considérée comme le circuit-court par excellence : le consommateur est en contact direct avec le producteur, il est solidaire de la production qui est adaptée par le producteur en fonction du nombre de contrats. 

L’AMAP des Docks propose des contrats pour différents producteurs : les légumes de Philippe Benoit (15€ le panier hebdomadaire), les fromages de chèvres de Valérie Voisin (10,10€ les 5 fromages toutes les 2 semaines en période de production de lait), le pain de l’Arbre à pain (3,25€ le pain de 500 gr), les œufs de la famille Syrin (2,10€ les 6 œufs), les volailles de Jean-Pierre Rocipon (11,5€/kg). Le transport est mutualisé entre toutes ces offres : le producteur de légumes assure la livraison pour les autres produits. D’autres contrats existent également avec un poissonnier, avec un producteur de pommes et avec un producteur de viandes. 

Les distributions ont lieu le mercredi de 19H15 à 20H30, au 2 Rue Maurice Audin. 

Cette façon de consommer suppose de fait un certain engagement et une certaine organisation (un seul créneau de livraison, on ne choisit pas ses légumes et on paye l’ensemble des paniers en avance, par trimestre, par semestre ou pour l'année). Cependant, le groupe fonctionne bien, les produits sont de qualité, les prix accessibles, et c’est un moyen très efficace de soutenir les petits producteurs bio, de se rapprocher de l’origine de nos aliments, du local et du saisonnier.

Lucie Barrault pour le groupe d’achat Corto
(pas de distribution planifiée pendant les 2 semaines à venir)

Depuis plus d’un an, un groupe d’achat Corto a été créé dans les Docks ; un GAG – groupement d’achat groupé, est ainsi adossé à la structure associative de l’AMAP. Ce système d’achats solidaires est une association nationale créée en 2013. Elle vise à soutenir des producteurs du Sud de l’Italie en achetant en grandes quantités des produits tels que des agrumes, de l’épicerie, des légumineuses, des pâtes ou encore du parmesan. 

Il faut compter environ 7 livraisons sur une saison (une par mois, d’octobre à mai). Les produits sont livrés dans un point de collecte unique à Paris, dans lequel chaque petit groupe Corto vient ensuite récupérer ses propres commandes. Le système implique donc que les adhérents puissent assurer une récupération en voiture des produits une fois dans la saison. Il faut adhérer au GAG de l’AMAP des Docks pour pouvoir ensuite commander des produits lorsqu’une commande est ouverte. 

L’organisation des commandes et des collectes prend du temps, qui correspond pour Lucie à un engagement citoyen et militant. 

David Giner pour le groupe d’achat Taronjes
(poursuite de la distribution pendant le confinement)

David a créé un groupement d’achat citoyen qui permet des livraisons dans 2 points de collecte : La Pralinoise, pour les habitants des Docks notamment, et l’Egyptien, une épicerie à l’angle Rue des Rosiers/Rue Gabriel Péri. Le principe consiste à précommander des fruits et légumes à des petits producteurs espagnols (Région de Valence) qui ensuite les font livrer à Saint-Ouen. Ce système permet un vrai soutien, une solidarité avec des agriculteurs sélectionnés, qui ne sont pas insérés dans les grands circuits de distribution industrielle et dont la survie est parfois difficile. Cela impose aussi d’être parfois tolérant face aux produits reçus, dont la qualité peut varier d’une livraison à l’autre. Les consommateurs peuvent être parfois très exigeants et radicaux et oublier les difficultés réelles à vivre de ce métier, l’engagement de tout travail d’agriculteur artisan et le besoin de développer l’offre pour un plus grand nombre. Il faut tirer vers le haut sans être trop radical. La gestion de ce groupe d’achat représente au moins une demi-journée par semaine pour lui, quand il n’y a pas de difficultés (retard de livraison, etc.).

Marine Sharaf, naturopathe
(pas accessible pendant le confinement)


La naturopathie ne se soucie pas seulement d’alimentation ; c’est une approche globale du corps qui permet d’augmenter sa vitalité, en agissant sur son sommeil, son activité physique, son psychisme, son alimentation. Dans son activité, Marine traite plus largement des questions de santé et de bien-être. 

C’est l’histoire personnelle de Marine qui lui a fait découvrir la naturopathie. Souffrant de problèmes de santé, elle a cherché à reprendre le contrôle et a remis en cause son alimentation. Notre alimentation a un impact très important sur certaines pathologies de plus en plus répandues, physiques et psychologiques : diabète, thyroïde, hypertension, troubles de l’attention, de la mémoire, du comportement. Il est très important d’en prendre conscience pour mieux anticiper et prévenir les maladies.

Arsène Plénier, porteur d’un projet d’épicerie vrac à Saint-Ouen 

Pourquoi le vrac ? Avant tout pour son impact positif sur la santé et sur l’environnement. En France, un tiers de nos poubelles est constitué de nos emballages, généralement en plastique, à usage unique et mal recyclable voire pas du tout. L’aluminium, le plastique, sont un fléau reconnu pour la terre et pour les océans, ils contaminent toute la chaîne du vivant et nous avec. Le vrac se développe de plus en plus, avec plus de 300 points de vente recensés en France aujourd’hui. 

Ex-salarié dans les ressources humaines, Arsène a eu envie de développer une offre ambitieuse de vrac, et de la rendre possible pour une gamme plus large de produits, même s’il y a déjà la possibilité de se fournir en vrac à Saint-Ouen. L’ouverture de la boutique, qui sera indépendante, est prévue avant l’été, au plus tard en septembre, a priori dans le secteur de la Mairie. 

Christel Broussous, habitante des Docks et membre de Mon Voisin des Docks et Educ Ecolo a également profité de cette discussion pour évoquer le projet de la Louve, dont elle a fait partie: 

La Louve est le premier supermarché coopératif et participatif en France. Basé rue des Poissonniers 75018, il se situe à 20 min des Docks à vélo ou en bus 85. Plusieurs habitants des Docks sont coopérateurs La Louve. 

Pour pouvoir acheter à La Louve, il faut être coopérateur (donc copropriétaire du supermarché, généralement à hauteur de 100€) et assurer 3h de service toutes les 4 semaines. La Louve compte aujourd’hui 6 000 coopérateurs. 

Cela donne accès à une grande variété de produits bio et/ou d’épicerie fine à des prix plus accessibles puisque le gros du travail est assuré par les coopérateurs (accueil, caisse, réassort, pesée des produits, ensachage, ménage, tri et compactage des cartons, bureau des membres). 

L’intérêt du participatif est de payer un peu moins cher les produits, de participer au fonctionnement du supermarché mais aussi à la vie et à l’évolution du projet. 

A l’issue des présentations des différentes initiatives, les échanges entre les participants ont porté sur différents enjeux tels que :

  • La demande de plus en plus forte de connaître l’origine des produits
  • Le choix de privilégier les acteurs locaux, les petits producteurs, la qualité du travail et du produit, tout en tenant compte de l’impact environnemental
  • La volonté de retrouver de l’autonomie
  • L’exigence de vouloir essayer de protéger la planète, la santé de ses enfants
  • La socialisation, la solidarité qui sont transversales à toutes ces initiatives : socialiser, faire connaître, partager, avec les producteurs, avec les autres consommateurs, privilégier le contact humain, faire travailler des gens qu’on connait (comme disait Théophane : « Mieux vaut manger de la merde à plusieurs que du bio tout seul !)

Merci aux participants pour ces témoignages et merci à tous les présents à cette discussion pour leur attention !

Pour ceux qui voudraient découvrir d’autres initiatives « de transition » déjà en place dans notre quartier ou voisinage (énergie, déchets, jardins, atelier solidaire, vie associative, ...), vous pouvez télécharger gratuitement le guide Saint-Ouen Les Docks réalisé par l’Institut Paris Région ou le consulter en format Cartoviz.


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